Une tribune en lien avec notre leçon...

Publié par FPA

Une tribune en lien avec notre leçon...

Dans le cadre de notre étude des médias et de leur rôle, avec en point d'orgue l'une de vos conférences de lundi prochain, voici une tribune que vous avez peu de chance de trouver dans les médias dominants. Elle émane de lONG Acrimed (cf. leur site internet). Certains arguments repris ici -par exemple concernant le vocabulaire utilisés dans ces médias dominants- vous seront utiles pour appréhender ce qui relève de la mésinformation, voire de la désinformation. Le sujet porte sur le conflit proche-oriental :

« Nous, journalistes pigistes et de médias indépendants, nous nous désolidarisons de la couverture médiatique de la guerre au Moyen-Orient »
Une soixantaine de journalistes exerçant en France et à l’international ont publié une tribune pour dénoncer à une couverture médiatique « défaillante, lacunaire, déséquilibrée et, trop souvent, complaisante envers certains récits officiels. Une défaillance qui ne date pas d’hier et qui s’inscrit dans une longue histoire de conflits perpétuels, notamment au Liban Sud, dans les territoires palestiniens occupés et à Gaza, où le traitement médiatique reste systématiquement le même : simpliste, orienté et répétitif, donnant l’impression d’un “nouveau” conflit à chaque escalade alors qu’il s’agit en réalité d’une continuité tragique ignorée ou minimisée ».
« Nous demandons qu’à une guerre asymétrique ne soit pas apposé un traitement médiatique asymétrique. »
« Nous dénonçons également un manque criant de pluralisme. Les prises de parole de représentants israéliens sont fréquentes, parfois hégémoniques, alors même que le chef du gouvernement fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Dans le même temps, les représentants politiques des autres parties impliquées sont marginalisés, disqualifiés ou absents des grands espaces de débat. Cette asymétrie dans l’accès à la parole contribue à orienter la perception du public et à appauvrir la compréhension du conflit. »
« Nous souhaitons également attirer l’attention sur les usages sémantiques profondément différenciés selon les parties concernées. Là où certains « meurent », d’autres sont « tués », voire « assassinés ». Là où certaines opérations sont présentées comme des « frappes préventives », d’autres sont immédiatement qualifiées d’« attaques ». Ces choix lexicaux ne sont pas neutres : ils hiérarchisent implicitement les vies et orientent la lecture morale des événements. »
« Nous nous indignons de voir certaines informations émanant des autorités américaines ou israéliennes reprises sans distance critique, parfois en temps réel, tandis que des faits documentés concernant des violations du droit international imputables à ces mêmes acteurs sont systématiquement relativisés, minimisés ou entourés de doutes excessifs. Cette asymétrie dans le traitement de la preuve fragilise la crédibilité du travail journalistique. »
« Informer, ce n’est pas relayer. Informer, ce n’est pas hiérarchiser les vies. Informer, ce n’est pas choisir ses mots au service d’un récit dominant.
Informer, c’est donner à comprendre, avec rigueur, honnêteté et courage.
Aujourd’hui plus que jamais, face à des conflits d’une gravité extrême, notre responsabilité collective est engagée. »
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